Presentation des résultats du projet VIS à VIS – Contre la haine en ligne

Published by

Posted on November 22, 2021

Compte rendu: Présentation des résultats du projet

24 novembre de 11 h à 13 h

Pianofabriek  – rue du Fortstraat 35, 1060 St Gillis/Gilles

L’association S-Com a organisée Mercredi 24 novembre au PianoFabriek, la dernière réunion du projet Vis-à-Vis pour présenter les résultats finaux avec la participation de nombreux partenaires et institutions, et à la présence de Mme Sarah Schlitz, Secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité et Mme Catherine Morenville, Échevine de la Mobilité, de l’Urbanisme, des Espaces publics, des Espaces verts, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes de la Commune de Saint-Gilles.

La réunion a été modéré par Valentina Zoccali Secrétaire Générale de S-Com, qui a salué les participants et brièvement présenté les contenus de la réunion pour donner ensuite la parole à Mme Morenville.

Mme Morenville a présenté diverses données sur la condition des femmes dans le monde du travail et sur les violences qu’elles subissent tant au travail que dans les espaces publiques et en ligne: un chiffre qui a augmenté surtout pendant la période de pandémie. En particulier, en occasion de la célébration, le 25 novembre, de la journée contre la violence à l’égard des femmes, et en lien avec le discours sur la violence en ligne, Mme Morenville a tenu à souligner l’importance de la sensibilisation et de l’information pour mettre fin à ce phénomène et améliorer globalement la condition des femmes. Mme Morenville a conclu ses mots de bienvenue en encourageant S-com et ses partenaires à poursuivre leur efforts dans la mise en œuvre des objectifs du projet Vis-à-Vis , en assurant déjà un petit financement de la commune de Saint Gilles en faveur de la formation du personnel du Guichet.

Ensuite, Mme Schlitz a pris la parole et a souligné l’importance de lutter pour éliminer la violence contre les femmes et a rappelé le travail effectué avec le plan de lutte contre la violence au niveau fédéral, bien qu’il y ait encore beaucoup de travail à faire, notamment pour que la cyberviolence soit prise en compte, étant donné son impact négatif sur les victimes. Mme Schlitz a également mis en évidence l’importance du travail à accomplir au niveau des réseau sociaux, en tant que groupe de personnes sur les plateformes, afin de garantir que ces espaces virtuels soient considérées comme des lieux publics auxquels appliquer la législation s’y référant. À cet égard, elle a souligné précisément la nécessité de réviser la loi de 2014 sur le sexisme dans les espaces publics dans le but de la rendre plus efficace pour les violences en ligne.

Il faut considérer aussi que la violence en ligne n’a pas de frontières et donc c’est important de traiter ce sujet à différents niveaux de gouvernance (comme montré par le cas de France et Canada où les faiseurs de haine francophones agissent sur une communauté linguistique qui dépasse les frontières,).

Très important à souligner c’est l’adoption du Plan d’Action National de lutte contre les violences de genre (PAN) 2021-2025 pour répondre aux nombreux défis qui restent à relever pour éradiquer à jamais les violences à l’égard des femmes et les violences de genre, ainsi que le travail en cours vers la définition, d’un plan d’action interfédéral de lutte contre le racisme. Elle a souligné l’importance de la coopération entre la société civile et les gouvernements pour combattre la violence, ce qui est démontré par le fait qu’elle a déjà initié plusieurs consultations de la société civile tant sur l’impact que sur la collecte de données, témoignages.

Les messages introductifs se terminent par l’intervention de Marcello Aglietti, Président de S-Com, qui a présenté un bref profil de l’association décrivant son but et ses activités tant au niveau national qu’européen, et quelques exemples des projets réalisés.

Pour entrer dans le vif du sujet de la journée, Valentina Zoccali a parlé du projet Vis-à-Vis, décrivant le processus et aussi les motivations derrière la conception et la réalisation de ce projet, surtout le constat que le monde des médias et des médias sociaux a changé de plus en plus, sans être accompagné d’une évolution législative et culturelle. Le projet a été structuré autour de 5 réunions avec différents acteurs·rices (organisations, expert·e·s, et formateur·rice) impliqués dans la lutte contre la haine en ligne, à partir des témoignages de haine en ligne contre les membres des communautés italienne et africaine en Belgique. Des communautés qui semblent être représentatives de deux types de migration: non européenne et intra-européenne. Une comparaison entre ces deux expériences a permis de mettre en évidence les similitudes et les différences dans les manifestations de la haine en ligne, faisant ressortir clairement les questions critiques et la nécessité d’un dialogue démocratique et politique au niveau fédéral et européen pour définir les rôles et les responsabilités de tou·te·s les acteurs·rices impliqué·e·s.

Sur le plan juridique, il s’agit d’un travail en cours, qui vise à combler des lacunes. Les plateformes internet et les réseaux sociaux conservent leur autorité sans contrôle public, ce qui complique le processus de responsabilisation, et des règles très claires doivent être définies et mises en œuvre afin de pouvoir lutter contre la haine en ligne.

Il existe un réel besoin d’éducation et de formation sur ces questions, qui ne concerne pas seulement l’éducation aux médias mais aussi la sensibilisation aux impacts et aux effets que certains comportements ont sur les personnes qui les côtoient.

La formation et l’éducation doivent s’adresser à différents organismes: le secteur public, les services sociaux et de sécurité, mais aussi les particuliers, les citoyens et les citoyennes, les entreprises, les plateformes pour créer cette conscience générale. Nous devons travailler sur les aspects de la culturalisation numérique et médiatique généralisée de la société, pour permettre aux gens d’acquérir le droit à la complexité en rejetant la simplification.  Cela implique à la fois l’acquisition de connaissances et de compétences pour identifier les discours de haine et la responsabilisation des individus pour le contrer.

Les journalistes, et en particulier les femmes journalistes, sont l’un des publics les plus ciblé. La mobilisation des médias est nécessaire pour faire avancer notre société et briser les stéréotypes.

De ces réflexions sont nés les différents outils d’interventions proposé par le projet.

En premier lieu un résumé vidéo des interventions et indications clés émergées aux réunions organisées par le projet, qui est présenté aux participant.e.s.

Après la vision du vidéo un deuxième outil élaboré par le projet est présenté. Il s’agit d’un outil d’analyse et de compréhension du phénomène: un questionnaire en français, néerlandais, italien et (après la suggestion de Mme Sarah Schlitz) anglais déjà diffusé en ligne dans le courant de cette année et qui est prévu devenir un outil d’analyse permanent.

Pour une analyse plus approfondie de cet outil, la parole a été donnée à Fabio Del Vecchio qui a expliqué qu’il s’agit d’un questionnaire diffusé déjà depuis février dernier pour comprendre comment la haine en ligne est perçue et comment elle se propage dans les différentes communautés. A ce moment, 45 personnes ont répondu au questionnaire.

Ce questionnaire a permis de comprendre le niveau de connaissance du phénomène ainsi que d’autres informations importantes par la simple demande de définition du sujet. Fabio Del Vecchio a résumé certains éléments qui ont émergé en analysant les réponses:

  • la majorité des personnes interrogées ont déclaré avoir été confrontées à des discours de haine en ligne,
  • Le 25% a déclaré avoir été victimes de discours de haine en ligne,
  • la majorité a déclaré connaître l’acteur·rice des messages,
  • les répondants ont déclaré que la forme la plus utilisée est l’insulte écrite, mais qu’il existe également d’autres formes (par exemple, la manipulation de l’image de la victime),
  • les discours de haine en ligne sont toujours plus agressifs que les discours de haine hors ligne.

Il y a une sorte de déconnexion entre la réalité virtuelle et la réalité matérielle, ce qui explique qu’il ne semble pas y avoir de conscience que les actions virtuelles ont des conséquences réelles sur les gens.

Toujours en ce qui concerne la réaction, les personnes interrogées ont exprimé leur opinion en disant qu’elles sont enclines à réagir plutôt de manière “pacifique” – avec une réponse raisonnée, ridicule ou humoristique, en signalant le message aux media sociaux concernés ou, malheureusement, en l’ignorant, ce qui ne fait qu’alimenter les discours de haine en ligne. Toujours selon les répondants, les personnes sont attaquées en raison de: leur sexe et leur orientation sexuelle, leur race/migration/nationalité, leur statut de réfugié.e, leur âge, leur classe sociale, leur appartenance politique, le sport ou en tant que personnalités publiques ou par profession (per exemple les journalistes).

Deux autres outils développés dans le cadre du projet Vis-à-Vis ont été présentés : la création de « guichets d’aide aux victimes », réunis sous la forme d’une plateforme, et un guide p

édagogique constituée d’une collection d’outils pour les enseignant·e·s.

La plateforme/guichet est formalisé par un Mémorandum dans lequel les signataires (actuellement 5) s’engagent à travailler ensemble par une coopération active avec les institutions publiques pour protéger leurs communautés des messages de haine en ligne. Cet outil sera lancé à partir de 2022, l’un à Saint Gilles en collaboration avec FILEF Nouvelle Émigration et l’autre à Beverlo en collaboration avec ACLI Belgique et Acli Beverlo. M. Roberto Gualtieri, FILEF Nuova Emigrazione, a été invité à parler de cette collaboration. Il a brièvement expliqué quelles sont leurs actions concernant le Bureau d’aide aux victimes, qui leur permet de réconforter et d’accompagner les victimes qui affrontent un parcours difficile, mais pas seules.

Enfin, la parole est revenue à Valentina Zoccali pour présenter le dernier outil du projet Vis-à-Vis, qui est le guide pédagogique pour les enseignant·e·s afin de les aider à traiter la question de la haine en ligne pour les enfants et les adolescent·e·s. Un outil qui rassemble plusieurs activités et jeux pédagogiques, finalisés à l’informés et sensibilisation à la question, avec un apprentissage plus facile. S-Com travaillera aussi à la création d’un réseau d’organisations travaillant sur cette question, pour assurer un échange accru de bonnes pratiques.

 


About the Author

Valentina Zoccali was born in Reggio Calabria (IT) in 1986. After a Bachelor’s degree in Letters and Philosophy, Valentina Zoccali studied Social Media Marketing and in 2008 she started to work in the fields of communication, advertising and culture. In 2012 she was appointed as Secretary General of S-Com. Besides carrying out tasks related to the management of the association and liaison with EU institutions and EU stakeholders, she has been managing the communication and dissemination of several EU-funded research projects. In 2015 she designed and launched the WISE4ALL (Women for an Innovative Society in Europe ) initiative to promote collaborative and multidisciplinary approaches, aimed at establishing more inclusive social models starting from women participation.